Le label MSC pêche durable et ses limites !

Publié le : 09/03/2019 16:19:08
Catégories : Fish4Ever


Le logo du label MSC est présent chez McDonald, Ikea, Walmart, Tesco, Carrefour, Colruyt, Delhaize mais également chez Aldi et Lidl : est-il vraiment durable ?


Si l’on vous parle de « pêche durable et responsable » à quoi cela vous fait-il penser ?

La plupart s’imagineront un petit bateau pratiquant la pêche artisanale, sortant doucement du port, une mer agitée, un coucher ou lever de soleil réfléchissant sur les vagues aux couleurs argentées… Une image romantique. Le capitaine est à bord avec son petit équipage, ils navigueront pendant quelques heures, peut-être de nuit. Ils connaissent la mer comme leur poche et rentreront au port avec une belle prise de poissons frais.
Les pêcheurs artisans contribuent fortement à l’économie locale des zones côtières : la transformation et la vente des produits sont réalisés localement et l’activité entière favorise le développement du marché local – le commerce se poursuit ensuite en dehors de la communauté.

Photo bateau matin


Malheureusement, la réalité est bien différente. Vos produits de la mer, soi-disant issus de la pêche éco-responsable, auront surement été pêchés par des gros chalutiers ou d’énormes bateaux industriels. Avec un capitaine à la tête d’une multinationale se trouvant à des milliers de kilomètres de son équipage, profitant des avantages fiscaux, et de bateaux arborant des drapeaux étrangers. En effet, entre 90% et 95% du poisson certifié MSC a été pêché par de gros bateaux industriels. Un choc pour Fish4Ever, qui lutte contre la surpêche et qui soutient et fait travailler les pêcheurs locaux.

Mais qu’est-ce donc le MSC et que vaut cette certification environnementale ?

Comment est défini le label MSC

Le label MSC certifie que les pêcheries qui possèdent ce label, ont pêché des poissons sauvages ou des fruits de mer de manière raisonnable et éco-responsable, selon les critères définis par le Référentiel MSC.

Quels sont les critères précisés dans le référentiel MSC ? (1)

1. La pêche ne doit pas menacer les stocks de poissons dans le monde.

2. La pêche ne doit pas avoir un impact négatif sur l’écosystème marin.

3. La pêcherie doit se conformer aux lois en vigueur.

Le label MSC ne doit pas être confondu avec le label ASC.
Le label ASC a été mis en place par le WWF et l’IDH (Initiative pour le commerce durable). L’ASC (Aquaculture Stewardship Council), organisme indépendant à but non lucratif, délivre le label ASC. L’ASC a pour vocation de certifier les produits de la mer, qui proviennent d’une aquaculture durable. (2)

Logo MSC et logo ASC

Mais par qui et quand le fameux label MSC a été créé ?

Création du label MSC : WWF et Unilever

Le label a été créé par l’organisme de certification MSC, fondé par WWF et Unilever, le principal intervenant dans l’industrie alimentaire, en 1997. Le conseil d’administration à sa tête se compose d’industriels, d’ONG, d’un conseil des parties prenantes (nommé par le conseil d’administration). Il prétend, comme beaucoup d’organismes tiers indépendants, être conforme aux règles de la FAO. Il a un système indépendant d’enregistrement des réclamations et les critères évoluent.


Quel type de processus de certification a été mis en place par l’organisme MSC ?

Certification MSC : organismes de certification extérieurs

En ce qui concerne le processus de certification, le MSC n’évalue pas lui-même les pêcheries.

Ces dernières sont contrôlées par des organismes de certification (CAB = Conformity Assessment Bodies) nommés et payés par la pêcherie souhaitant être certifiée. Une indépendance et transparence douteuses, surtout lorsque l’on sait que le MSC est rémunéré pour chaque certificat accordé. Concernant les critères de certification, les avis divergent. La plupart des chaines de distribution et acheteurs se réjouissent de pouvoir déléguer leurs responsabilités environnementales à un parti tiers. Parmi les experts, les ONG et les scientifiques, les diverses opinions divisent.


Le label MSC doit désormais faire face à diverses critiques.

Les limites du label de pêche durable MSC

Plusieurs associations de conservation marine luttant pour la protection de l’écosystème marin, et plus particulièrement celles pour la protection des requins ou des baleines, ont perdu patience. La pêche d’espèces en voie de disparition continue, sous le regard indifférent du MSC (3). Les plus courageuses, tels que Greenpeace et Bloom ont, à plusieurs reprises, accusé le label MSC d’être un « label trompeur » ou « d’écoblanchiment ». Même WWF a rejoint le banc des insatisfaits. Deux mouvements (4) font actuellement pression sur le MSC pour une réforme du système, l’un mené par des auteurs respectés et indépendants, des experts marins et des ONG spécialisées, l’autre par Wilfried Huisman dans son dernier documentaire (5).

Certaines pêcheries ont été reconnues comme durables bien qu’elles utilisent des méthodes destructrices pour l’environnement : notamment la pratique de la surpêche qui engendre énormément de prises accessoires (6).

Les exemples ne manquent pas, en Nouvelle Zélande notamment, la pêcherie de merlu continue de voir sa certification renouvelée alors que le nombre total de poisson pêché, ainsi que le nombre d’oiseaux et autres espèces marines affectés reste flou. Les inquiétudes ne s’arrêtent pas là, les méthodes utilisées par la pêcherie sont douteuses et ont un impact considérable sur les autres espèces ainsi que sur la biodiversité marine.

De plus, le nombre de prises accessoires d’espèces protégées telles que les requins pèlerins et les dauphins est soit inconnu soit mal pris en compte : sans ces chiffres, il semble absurde de pouvoir juger de la durabilité de la pêcherie. Pesant plus de 150 millions de dollars, la pêcherie exporte ces merlus partout dans le monde, que vous pouvez retrouver par exemple dans le burger au poisson de McDonald’s.

Le MSC prétend couvrir toutes les questions que posent la pêche durable, grâce aux trois principes de la certification MSC, déjà cités auparavant, et plusieurs sous-principes.

La plupart des chaines de distribution ne vont pas plus loin : le monde de la pêche est compliqué, il existe un label MSC qui indique « durable » donc pourquoi s’embêter à aller chercher plus loin ?


Cependant, de plus en plus d’interrogations émergent autour du label et de la certification MSC.

La remise en question de la certification MSC

Les trois principes de la certification MSC ont fait l’objet de critiques.

Un rapport de 2013 (7) contre les certifications montre sérieusement du doigt des stocks qui ont dépassé leur rendement maximal durable, des pêcheries illégales dont l’activité n’est pas sanctionnée, des prises accessoires inacceptables, et même une pêcherie certifiée alors qu’elle ne respectait pas les lois nationales ! Pour une tonne de poissons certifiés, 35% proviennent d’une pêche douteuse non durable.

Un rapport plus récent et détaillé de mai 2018 intitulé « The False Promise of Certification » (les fausses promesses de la certification) (8) met en lumière les problèmes de la certification et illustre ces propos avec la pêcherie canadienne d’espadon comme étude de cas. La pêcherie en question pêche 20,000 espadons pour 100,000 requins dont 35,000 sont tués. 1200 tortues caouannes font également parties de la liste de prises accessoires de la pêcherie, pourtant certifiée MSC.

Le MSC et ses partisans n’ont pas su encore comment répondre à ces attaques. Ils se défendent en affirmant qu’il faut un standard pour tout le monde et tout type d’équipements de pêche : mais si le standard était exigeant, seulement quelques pêcheries seraient certifiées. Le MSC avance alors qu’il cherche uniquement à améliorer les standards actuellement beaucoup trop indulgents.

Logo MSC durable et non durable


Pourtant, l’organisme de certification avec son label MSC continue de prétendre être la référence absolue et là est tout le problème. Le label MSC prône une pêche durable.  Il semble malhonnête de faire une telle déclaration, alors qu’ils pourraient tout simplement affirmer qu’ils souhaitent « améliorer la pêche industrielle » ou « combler le manque de mesures du gouvernement pour gérer les stocks ».

Très peu de consommateurs et même de chaines de distribution savent que le MSC certifie des stocks de poisson épuisés.

Actuellement, l’objectif est de gérer les stocks de façon durable. En considérant les quantités de stock actuelles, les mesures mises en œuvre pour atteindre cet objectif ne semblent pas être assez intransigeantes.  L’industrie de la pêche semble en effet avoir accepté qu’un « stock durable », puisse être puisé sans aucune limite.

A cause du changement climatique, l’acidification, la taille et l’espérance de vie des poissons fluctuent. La pollution, le plastique et les engrais tuent également les espèces maritimes.  La biodiversité de l’écosystème tout entier est en danger. Les niveaux de stock sont si bas par rapport à leur état naturel qu’ils ne devraient pas être considérés comme durables.


L’impact négatif de la pêche industrielle

Revenons à nos petits bateaux sortant du port… Oui, le monde est une industrie et l’on se doit d’améliorer le système industriel, il serait irréaliste en 2019 de prétendre à la fin absolue d’un tel système. Néanmoins, la mauvaise pêche n’a pas seulement eu un impact négatif sur les stocks et augmenté le nombre d’espèces en voie de disparition, l’impact a été destructeur pour les bons pêcheurs – les petits bateaux qui pêchent selon de bonnes méthodes, près des côtes et de leur port.

En matière de pêche, l’aspect social est de la plus haute importance, encore plus qu’en bio, puisque tous les bateaux doivent puiser dans le même stock. Dans l’agriculture, vous pouvez placer une clôture autour de votre terre, mais en mer, c’est impossible, ce qui signifie que les grands bateaux industriels peuvent revendiquer une énorme part ne laissant rien aux petits bateaux.  Les conséquences sont désastreuses pour les petits bateaux qui ne peuvent survivre ce qui affecte toute l’économie locale.

Ces pêcheurs luttent pour les mêmes ressources mais leurs méthodes plus sélectives et intensives rendent leurs produits plus chers. Ils se voient écartés du marché en trois étapes. Premièrement, les gros bateaux industriels « volent » le poisson tout en bénéficiant de diverses aides et subventions. Il est de plus en plus difficile pour les pêcheurs locaux de trouver du poisson, car il est surpêché par les gros chalutiers industriels.

Deuxièmement, les industriels disposent de coûts de revient inférieurs : non seulement ils volent les ressources de poissons mais ils s’emparent également du marché duquel le petit pêcheur se voit évincé. La certification coute cher et est bien souvent inaccessible aux petits pêcheurs qui ne peuvent se le permettre. Ces derniers pêchent mieux mais n’ont pas les ressources nécessaires pour contrer les gros industriels et leur label MSC, défini comme étant soi-disant « durable ».

Troisièmement, les industriels se sont appropriés la définition des mots « durable et responsable » avec l’aide du MSC entre autre qui considère que le statut des stocks est plus important, plutôt que de savoir « qui pêche, comment, où et pourquoi ».  La pêcherie d’espadon mentionnée précédemment utilise également une méthode d’hameçonnage plus propre et ancienne, certifiée avec le label MSC, au même titre que la méthode non durable, ce qui a pour conséquence d’embrouiller davantage le consommateur.

Pourquoi le pêcheur s’embêterait avec des méthodes plus compliquées et chères ?

Même histoire avec le thon, l’un des poissons les plus populaires dans les magasins bio.  Presque 800,000 tonnes de thon pêché à la senne coulissante se retrouveront sur le marché en tant que poisson durable certifié « label MSC » : cela correspond à plus de 10 fois la quantité totale de poisson pêché à la canne aux Maldives certifié MSC.

Parfait pour les multinationales montrées du doigt par la campagne de Greenpeace pour la pêche au thon : du thon pas cher et une promesse à moindre coût.

Dans la pêche à la canne, un équipage de 10 à 20 pêcheurs attrape les poissons un à un. C’est une méthode plus propre avec des avantages socio-économiques pour la pêcherie locale et son équipage. Dans la pêche à la senne au contraire, les bateaux pêchent des quantités astronomiques de thon ET sont responsables de beaucoup de prises accessoires et en plus de pratiquer la surpêche.

Comment Fish4Ever se positionne par rapport au label MSC ?

Fish4Ever : alternative intéressante au label MSC

Les bateaux de pêcheries certifiées MSC utilisent parfois une méthode plus responsable et sont récompensés par le label bleu. Cependant, ces mêmes bateaux appartiennent à la troisième plus grosse pêcherie de thon au monde, une multinationale qui manipule 1.3 million de tonnes de thon par an correspondant à environ 1/3 de la pêche mondiale.

Pour comparer les 2 méthodes : la prise de nos pêcheurs Fish4Ever aux Açores est d’environ 6000 tonnes annuelles. Cette quantité pourrait être pêchée en seulement trois voyages par les senneurs récemment certifiés et disposant du label MSC.


Fish4Ever s’engage de différentes manières :

Fish4Ever propose une solution alternative, en répondant à une charte éthique de pêche raisonnée. Fish4Ever se fournit exclusivement auprès de pêcheurs locaux pratiquant la pêche à la ligne, durable et artisanale. Ce qui permet une maîtrise et une gestion des stocks de poissons raisonnée, afin de préserver l’écosystème marin.

Les produits sont naturels et certifiés bio, les poissons sont toujours travaillés en entier : ce qui permet de garantir un produit de qualité.

Dans le passé, les consommateurs les plus engagés ont haussé leurs épaules, désespérés, et décidé qu’ils ne mangeraient plus de thon ni aucun poisson. Ce n’est pas une solution judicieuse.

En effet, cela veut dire que même les consommateurs les plus attentifs abandonnent et laissent la porte ouverte aux bateaux industriels empêchant de meilleures solutions de voir le jour.

Il est temps pour les consommateurs responsables de mettre une grosse croix rouge sur le logo bleu. Fish4Ever peut être une solution. En achetant Fish4Ever vous achetez bien plus qu’une marque, vous permettez à des pêcheurs artisans de vivre de leur travail. Vous soutenez une production locale raisonnée, respectueuse de l’environnement et de l’écosystème marin. Vous achetez également des produits naturels de qualité certifiés Bio.

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(1) Que signifie le label MSC pêche durable ?

https://www.msc.org/fr/nos-actions/notre-approche/que-signifie-le-label-msc-peche-durable

(2) Qu’est-ce que l’Aquaculture Stewardship Council ?

https://www.asc-aqua.org/fr/propos-de-lasc/

(3) Polémique autour du label « pêche durable »

https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/30/polemique-autour-du-label-peche-durable_5040914_3244.html

(4) On the Hook http://www.onthehook.org.uk/. Make Stewardship Count https://www.make-stewardship-count.org/

(5) Wilfried Huismann film sur le MSC intitulé "Fish & Fraud - The Eco-label MSC https://www.youtube.com/watch?v=RsrI4l3Ukm0

(6) Pêche durable : MSC, l’écolabel qui encourage le massacre

https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20110222.RUE0982/peche-durable-msc-l-ecolabel-qui-encourage-le-massacre.html

(7) Elsevier Biological Conservation: “A Review of formal objections to Marine Stewardship Council Fisheries Certifications”.

https://jenniferjacquet.files.wordpress.com/2010/05/christianetal_biolcons_2013.pdf

(8) The False Promise of Certification https://changingmarkets.org/media/publications-landing/


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